Le Voyage Chamanique

Décembre 2016 :
* Le prénom a été changé pour des raisons de confidentialité.

chaman

Carmen*, ce jour-là, me fait part de ses difficultés. Enfant, elle sentait des présences, ce qui lui faisait très peur. Aujourd’hui, elle se sent coupée de ses ressentis.

Quand elle évoque cela, elle ne ressent rien, ne voit rien. Je perçois une pesanteur dans la poitrine, et je visualise alors un coffre-fort en métal, épais, avec une porte fermée par une vanne, et une serrure. Je lui donne la clé. Elle ouvre la serrure et tourne la vanne. Elle ouvre la porte : l’espace est tout doré. Je lui demande de regarder ses pieds : un tapis rouge et moelleux se déroule devant elle. Il mène à un lac, avec des pierres sur les bords. Elle s’assoit sur une pierre et reste là, à observer. Je lui demande lors d’imaginer les sensations que je lui décris : la chaleur du soleil sur sa peau, le doux parfum de printemps, la gaieté des chants d’oiseaux, et une saveur dans sa bouche. Elle ressent un goût de noisette fraîche.

Un cerf se présente maintenant devant elle. Elle s’approche et il la laisse monter sur son dos. Il part au galop et l’emmène dans la montagne. Ensemble, ils parcourent une grande distance, traversant des prairies, une forêt. Arrivés presque au sommet de la montagne, apparaît une grotte, avec un vieux chaman indien assit à l’entrée, devant un feu sacré. Il fume une longue pipe, et la regarde arriver, de ses yeux plissés.

Elle s’assied en face de lui et observe le feu, entre eux. Je lui demande ce que le feu lui montre. Elle y voit une poupée, qu’elle prend dans ses mains. C’est une petite fille qui demande un bisou, et lui dit : « Garde moi ». Alors elle l’amène doucement dans son cœur et j’intègre au cœur les mots qui s’écrivent devant mes yeux : amour, sécurité, tendresse, douceur. Nous voyons la petite fille s’endormir.

Carmen regarde à nouveau le feu : cette fois, elle y voit une spirale. Je focalise sur la spirale : c’est un escalier qui monte à l’intérieur d’une haute tour blanche, une tour d’ivoire. Nous suivons l’escalier et nous arrivons au sommet de la tour pour « y voir ». Carmen regarde la montagne tout autour. Je vois une vague d’énergie et de lumière, comme une grande force qui la parcourt de bas en haut, et elle se transforme. Elle devient un aigle qui prend son envol, majestueusement. Je lui décris les sensations de l’aigle : le ciel bleu, immense, le soleil jaune et chaud, le vent sous les ailes, et le regard pointu vers le sol. Elle sent sa puissance et accélère la vitesse du vol. C’est grisant, joyeux, dans une grande sensation de liberté et d’espace. Nous restons un moment dans cette sensation et nous rions aux éclats, comme des enfants. Puis l’aigle voit une tache rouge au loin : c’est une route, c’est le tapis rouge qui la ramène à son corps, ici et maintenant.  Elle aurait aimé y rester plus longtemps. Je procède à l’intégration de cette scène dans son cœur pour qu’elle puisse y retourner quand elle le voudra.

Elle me signale une sensation pénible à l’estomac : aussitôt je visualise une brique. Je l’enveloppe de lumière blanche, épaisse et dense, et je dégage la brique. Il reste des taches rouges dans l’estomac : une lumière blanche, fluide et douce m’aide à changer la couleur, vers le rose idéal. Puis je vois que les taches remontent à l’œsophage, des taches et une crispation. Elle me révèle alors qu’elle a du mal à déglutir. Je nettoie les taches, et je visualise cette crispation. Elle se présente comme une pieuvre avec de nombreux tentacules qui se cramponnent à un mouchoir. J’envoie la lumière blanche pour envelopper la forme et je la sors. De nombreuses formes similaires se manifestent et sortent, de la gorge, de la tête, du corps. Puis je vois des foulards, et enfin un grand drap qui la recouvrait entièrement. Tous ces voiles ont été retirés et envoyés vers la lumière.  Carmen se sent complètement dégagée.

À présent, elle se tient debout, entourée de lumière. Une grande tunique blanche la recouvre, avec une ceinture dorée à la taille, dans un jardin de paradis. Des elfes et des fées volent autour de sa tête Des lutins, et des gnomes gambadent autour de ses pieds. Ils sont heureux de son retour. Elle rit de joie.

Ils l’amènent bientôt vers un kiosque circulaire au centre du jardin. Kiosque à colonnades ciselées, avec 3 marches. Au centre, une vasque ronde, sur pied, remplie d’eau… Un jet d’eau jaillit au milieu. Il est haut mais peu puissant. Je demande à Carmen de regarder au pied de la vasque et de trouver le robinet. Elle le voit : elle peut alors l’ouvrir en grand. Puis je l’invite à voir si le passage est libre jusqu’à la source. Elle me dit qu’elle a du mal à y voir.

Je me retrouve à l’intérieur de sa tête. Le 3° œil est bouché par une plaque de marbre fixée par 4 vis dorées. Je retire les vis, puis la plaque. Derrière un hublot est fermé par un volet à l’intérieur du front. J’ouvre le volet par le centre, et je fais coulisser les 2 moitiés. Le hublot est en verre grossissant. De l’autre côté, tout est déformé, agrandi, grotesque : cela fait vraiment peur. Je travaille sur le verre pour l’aligner et lui rendre une vision claire et juste. Elle me demande de retirer complètement le hublot. Je le dévisse.  Je perçois une sensation forte à l’intérieur du front : le travail se fait. Je reçois alors un message en images me montrant d’effectuer un alignement des chakras. Un rayon de lumière doré descend qui traverse lentement tous les chakras du corps. Je l’accompagne avec ma main. Carmen me dit qu’elle se sent bizarre, mais que c’est agréable.

Le rayon de lumière va jusqu’au centre de la Terre, et plonge dans le feu chamanique. Puis il remonte en rayon rouge par les pieds et les jambes, en les remplissant de couleur, et passe progressivement à l’orange, au jaune, au rose-vert au niveau du cœur, au bleu à la gorge. À la gorge, Carmen me décrit une gêne encore : je visualise un lac de montagne, à l’eau transparente et bleue, mais la surface est agitée. Brusquement le jet d’eau du kiosque jaillit au centre, puissant et coloré. La zone est dégagée maintenant. Le rayon devient arc-en-ciel en passant dans la tête. La lumière arc-en-ciel sort par le front, les yeux, le nez, la bouche… Les oreilles se débouchent et envoient la lumière, qui sort aussi par derrière la tête. Le rayon continue de monter au-dessus de la tête, blanc brillant et se dirige vers le centre de l’Univers.  Arrivé tout en haut, il s’ouvre alors en corolle et redescend en sphère de lumière très largement tout autour de Carmen pour rejoindre le centre de la Terre où il se resserre et remonte par la colonne de lumière au centre. Je lance avec mes mains une poignée de bulles de champagne sous ses pieds pour ramener le pétillement de la joie.

Nous finissons en riant aux éclats toutes les deux.